Big Data, l’accélérateur d’innovation

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Auteur :               G9+ & Renaissance Numérique
Date :                   2014

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Contexte

Le G9+ et Renaissance Numérique étudient les bouleversements que va engendrer le Big Data dans les secteurs de l’agriculture, l’assurance, la culture, l’e-commerce, la finance, les ressources humaines et le sport. Les auteurs du livre blanc présenté ici analysent les enjeux juridiques de cette révolution et posent la question de la France à l’heure du Big Data.

Dans  ce rapport, les auteurs s’interrogent sur :

  • les technologies qui rendent possible la « mise en données du monde » ;
  • les algorithmes, leur construction et leur gouvernance ;
  • le levier de croissance que représente cette révolution dans de nombreux secteurs ;
  • le rôle de l’État et les atouts dont la France dispose pour devenir leader européen sur le sujet.

Eléments de réponse

L’étude propose trois scénarios pour réglementer  le Big Data et mieux en contrôler les usages :

  1. Régulation par l’Etat : des experts contrôleurs employés par une institution publique assurent l’audit des algorithmes ;
  2. Régulation par des entreprises externes agrémentées ;
  3. Régulation au sein des entreprises : les entreprises mettent en place des contrôles internes et des médiateurs.

Les  conséquences du développement du Big data pour les différents acteurs privés sont nombreuses :

  • L’hybridation des métiers avec la nécessité d’adopter une approche stratégique transverse à tous les métiers de l’entreprise et de favoriser la conjugaison de compétences diverses, afin d’éviter le cloisonnement des métiers ;
  • L’évolution des industries traditionnelles sur des business models orientés vers les services ;
  • Le rapprochement des modèles économiques de l’industrie traditionnelle vers ceux des startups  qui consistent à dégager un très grand volume de liquidités pour investir ensuite très rapidement sur un nouveau marché;
  • Le développement du modèle “Full-Stack Startup” : au lieu de se contenter d’occuper, grâce à une innovation, une niche sur la chaîne de valeur de leur marché, certaines entreprises cherchent à maîtriser globalement les produits et services auxquels leur cœur de métier contribue.[1]

Recommandations :

Les auteurs de l’étude proposent plusieurs recommandations pour faire  de la France un  acteur moteur de la révolution Big Data :

  1. Déployer des programmes test d’utilisation de technologies Big Data sur trois ans dans le cadre de politiques publiques afin de dégager des économies directes, par exemple dans le cadre de la lutte contre la fraude à l’assurance maladie, ou dans la gestion de certaines politiques publiques de santé. Les acteurs publics doivent alors obtenir des dérogations de la CNIL pour accéder à certaines données. De telles initiatives dynamiseraient tout l’écosystème Big Data, en promouvant la coopération entre les start-up expertes de ces technologies et les grands groupes détenteurs de données complémentaires.
  1. Proposer une loi sur l’Open Data pour contraindre les administrations stratégiques à ouvrir leurs données concernant les événements et statistiques qui touchent directement à « la vie, la santé et le patrimoine des personnes » et les diffuser sur la plate-forme data.gouv.fr, le portail national des données publiques en France. Il est important d’inscrire la gratuité des données dans cette loi. Aujourd’hui, l’article 15 de la loi de Juillet 1978 (mise à jour en 2003) dispose que les données publiques peuvent avoir un prix. Cette facilité financière d’accès aux données dynamiserait l’écosystème de start-up et interdirait sa captation par un groupe d’entreprises.
  1. Développer une offre de formation couvrant l’intégralité de la chaîne de métiers reliés au Big Data.
  1. Valoriser l’expertise française en mathématiques, statistiques et télécommunications et parvenir à les hybrider autour de projets et centres de recherche communs sur le Big Data.
  1. Faire émerger un débat sur l’évolution de la régulation Big Data au sein du gouvernement, des parlements français et européens et des CNIL européennes et évoluer vers une régulation unifiée pour l’Europe permettant aux acteurs européens innovants de bénéficier d’un marché continental. L’éthique de la décision à l’ère des algorithmes ou encore la régulation par le traitement et le processus de croisement de la donnée sont des enjeux dont les pouvoirs publics et la société civile doivent se saisir.
  1. Faire aboutir la possibilité d’audit et de contrôles des algorithmes par un régulateur certifié sur la protection de la vie personnelle pour les entreprises comme pour les acteurs publics. Cela permettra une forme de régulation du Big Data qui se focaliserait sur la manière dont les données sont utilisées et non sur la manière dont elles sont collectées.

[1] Source de la définition 

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