Faire de la France un champion de la révolution numérique

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Auteur :               Institut Montaigne
Date :                   Avril 2015

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Contexte

Les réflexions menées dans ce rapport portent sur cinq axes majeurs :

  • les enjeux économiques pour la France : Le Big data et les objets connectés représentent un important relais de croissance économique selon de nombreuses études[1];
  • la nécessité d’une gouvernance adaptée intégrant les sujets de transparence et de standardisation des données;
  • l’adaptation des compétences et des ressources humaines aux besoins nouveaux liés au développement des objets connectés et du Big data ;
  • l’amélioration de la performance et de la pérennité des solutions technologiques ;
  • la régulation des usages et la protection de la vie privée et des données sensibles destinée à maintenir la confiance comme facteur clef de succès de la révolution des objets et du Big data.

Les grandes idées

  • La matière première qui anime cette révolution historique est la donnée:
    • les objets connectés jouent pour le Big Data le même rôle de catalyseur que la chimie ou l’automobile pour le pétrole ;
    • les objets connectés se définissent en termes d’identité, d’interactivité, de shadowing[2], de sensibilité et d’autonomie ;
    • une première définition Big data se caractérise par trois facteurs principaux, bien connus sous la « formule des 3V » : Volume, Vitesse et Variété pour créer de la Valeur, considérée dans certaines définition comme le 4ème V ;
    • le Big data se définit aussi comme étant l’ensemble des technologies, infrastructures et services permettant la collecte, le stockage et l’analyse de données ;
    • le cloud computing permet un stockage de données à moindre coût.
  • Les compétences et les ressources humaines s’adaptent aux nouveaux besoins liés au développement des objets connectés et du Big Data et jouent un rôle central d’accompagnement dans cette transformation
  • La France dispose du potentiel nécessaire à la création de valeur :
    • les nouveaux actifs immatériels issus de la donnée deviennent aussi importants que les actifs matériels ;
    • le potentiel économique en France se chiffre à des sommes comprises entre 74 milliards d’euros en 2020 et 138 milliards d’euros en 2025 ;
    • les objets connectés sont un levier de réindustrialisation : outre leur production manufacturière, ils permettent la création d’outils de fabrication plus compétitifs dans le cadre d’ « usines connectées » ;
    • les objets connectés représentent aussi un enjeu de localisation de la valeur : la France et l’Europe n’hébergent aucune des grandes plateformes Internet qui ont déjà agrégé une part importante de la valeur, et doivent donc veiller à attirer les entreprises de la prochaine vague de numérisation de l’économie ;
    • le potentiel de création de valeur grâce au Big data est compris en France entre 3,6% du PIB en 2020 et 7,0% du PIB en 2025. Le Big data génère en effet une augmentation de la productivité, des gains de pouvoir d’achat et des économies de temps qui peuvent être monétisées ;
    • un nouveau marché d’achat d’équipements connectés va se développer en France. Il est estimé entre 15 à 23 Mds€ de 2020 à 2015.

Internet of Everything

Définition de l’Internet of everything

  • La France dispose d’atouts importants pour saisir les opportunités offertes par l’Internet of everything ou l’Internet du Tout connecté :
    • Des pouvoirs publics conscients de la nécessité d’une politique dédiée : le numérique a toujours été présenté comme une politique publique à part entière mais n’a jamais été véritablement porté au niveau interministériel, alors que cette politique doit par essence être globale et transverse. Mais si des initiatives et des outils existent en France pour mener une politique publique du numérique qui pourrait accompagner l’essor du Big data et de l’Internet des objets, on constate aujourd’hui une limite importante : la dispersion des moyens et des initiatives.
    • La France est 3eme dans le classement mondial Open Data Index[3]
    • Le tiers de confiance : un garant éthique dans la collecte et l’utilisation appropriée des données individuelles. La France dispose d’un terrain propice au développement de la fonction de tiers de confiance numérique
    • Formations reconnues et expertise dans les domaines clefs (ingénierie, design, cryptologie, sécurité, normalisation…)
    • La French Tech dans le CES (Consumer Electronics Show)

Recommandations

Associés, l’Internet des objets et le Big data brouillent les frontières traditionnelles et transforment profondément les chaînes de valeur de la plupart des secteurs économiques. Dans le même temps, leur développement suscite des interrogations nouvelles sur la gestion de certains risques notamment environnementaux, sanitaires ou économiques sur la protection de la vie privée et des données sensibles. La révolution des objets connectés et du Big data est déjà en marche.

Face à ce mouvement, deux visions s’opposent parfois : l’une positive, qui valorise les potentialités offertes et la puissance créatrice, l’autre plus alarmiste, qui met en garde contre les dangers, pour l’individu ou les entreprises, d’une utilisation malveillante et discriminante de la donnée.

Il serait cependant inconcevable que la France et l’Europe ne profitent pas de l’essor du Big data et des objets connectés. Le Big data et les objets connectés sont au cœur de l’Internet du Tout connecté qui ouvre une nouvelle ère, numérique, dans laquelle citoyen, Etat et entreprise doivent saisir, en confiance, toutes les opportunités économique et sociétales.

La France, dans un cadre européen, peut en devenir un acteur de premier plan à condition qu’une action volontariste, équilibrée et coordonnée des acteurs privés et de la puissance publique soit conduite.

Le rapport émet donc plusieurs recommandations :

  • Diffuser l’excellence data et numérique au sein du tissu économique français
  • Renforcer la sécurité pour développer la confiance
  • Renforcer l’influence de la France et soutenir une gouvernance numérique forte
  • Répondre aux besoins de compétence des métiers du Big data et de l’internet des objets

[1] Cisco, McKinsey, Idate, Inspection générale des finances, Gartner Research, Boston Consulting Group, A.T. Kearney, etc.

[2] La notion de shadowing désigne le fait qu’un programme logiciel puisse tout connaître d’un objet physique et agir en son nom. Grâce à cela, même un objet physique « muet » peut avoir une représentation virtuelle relativement intelligente.

[3] L’Open Data Index est un indicateur qui liste des pays selon l’ouverture de leurs données publiques (statistiques, cadastres, données environnementales, législations, budget, etc). Il est publié annuellement depuis 2013, par l’Open Knowledge Foundation

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